26.05.2008
Ismaël KARROUM

Côté food'in, David Chérin a mille tours dans sa batterie • photo I. K.
Reproduction interdite.
De
la mousse d'huître, une cartouche de gaz et hop, de la fine de claire
expédiée en siphon dans le gosier. Un carré de dinde avec sa gelée....
de betterave. Des macarons fameux.... à l'huile d'olive. On connaissait
les accords parfaits, David Cherin fera découvrir les accords
improbables qui virent en bouche au presque parfait. Quand le food se
fait insolite, ça devient le food'in (1) et une soirée qui balancera
entre gastronomie et loufoquerie, jeudi, au Mercure de Châteaubernard.
Etonner.
Associer ce qui semble inassociable. Surprendre. C'est le péché
gourmand de David Chérin et de sa sœur Elisabeth, le duo familial à la
tête de «Hat Home Services», entreprise de traiteur et d'événementiel
installée à deux coups de fourchettes de Cognac, à Burie.
Mardi
matin, dans les cuisines de l'hôtel cognaçais, il roulait sur du
velours. Pas dur de surprendre un journaliste pour qui la gastronomie
débute au kébab et se termine au MacDo, et dont le tour de main le plus
abouti se résume à enfourner un croque-dinde.
Principal
enseignement du tour en cuisine: on peut tous être food'in, à condition
d'avoir un peu d'idées, les papilles libres... et les ingrédients sous
la main.
Leçon numéro un, des
fraises... au poivre vert et à la créme fraîche! Comme pour l'entrecôte
et les pâtes. Mais avec des fraises donc. En parfait petit commis, on
commence par équeuter les fraises. Jusqu'ici, tout va bien. Puis on
découpe en dés, sans s'attraper le bout des doigts. Partie fraise
réussie! On se prendrait presque pour Ducasse. Oups, premier oubli.
Saupoudrer de sucre. Version avec légéreté et non pas comme le voisin
qui sucre ses fraises. «C'est juste pour les cuire un peu et qu'elles rendent leur eau», explique le chef. Le vrai, pas le novice qui croit que le sucre c'est juste pour sucrer.
La mousse d'huître en siphon
Deuxiéme
phase. Faut se décarcasser avec les graines de poivre vert. On les
concasse, avec un rouleau à pâtisserie. On met de côté. Etape 2, OK.
Préparation
de la créme. Dans un bol, on met deux trois cuilléres de créme fraîche
épaisse. Un peu de sucre. Un zest de citron vert. On touille. Euh, on
mélange!
Mise en place. Dans
une verrine, le chef place les dés de fraise. Puis une fine fine couche
de poivre vert. Enfin la créme. Rouge, vert, blanc. Cuillére.
En bouche, d'abord le citron, puis la fraise. Le poivre explose ensuite. Et reste. «C'est pas mal, mais le poivre reste vraiment longtemps». Le chef réfléchit. «On va rajouter du sorbet». Le résultat est étonnant, détonnant. Succulent. «ça manque juste de vert. Je rajouterai peut-être une feuille de menthe. C'est classique, mais c'est bon». Que ce soit bon, c'est le but du jeu. Rien ne sert de mélanger n'importe quoi, si c'est pour que ça reste dans l'assiette.
Histoire de s'étonner encore un peu,
place aux macarons à l'huile d'olive. «Le biscuit c'est la base. Dedans, je mets un peu de café, pour couper le sucre et renforcer le goût de l'huile d'olive»,
décrit David Cherin. Une huile d'olive trés parfumée, qui trouve sa
place dans la ganache au chocolat blanc. ça change des macarons bas de
gamme aromatisés au sucre. On s'en gaverait. On s'en est gavé. Mais
c'est food'in, donc c'est pas pêché!
Pas
question de livrer tous les secrets de David Cherin et des chefs
adeptes des mariages mixtes. Pour tout savoir sur la mousse d'huîtres à
s'envoyer en siphon comme une ado avec sa bombe de chantilly, mais en
meilleur, plus iodé et plus goûtu, faudra être de la partie food'in
jeudi soir. David Chérin a encore mille tours dans sa batterie. Soit
999 de plus que son éléve d'un jour.
Soirée Food'in, jeudi 29 mai à partir de 19h30 au Mercure de Cognac.
32 euros par personne.
Réservations au 05.45.35.42.00.
(1) Le terme Fooding étant désormais une marque déposée,
les organisateurs de la soirée
n'ont pas le droit de l'utiliser